Quand le travail redevient un acte de sens

EFFIG Conseils Blog

Il y a des moments dans une carrière où la question ne porte plus sur ce que l’on fait, mais sur comment retrouver du sens au travail. Vous connaissez peut-être ce point de bascule : une réussite apparente mais un sentiment d’inachevé ; des responsabilités croissantes mais une énergie qui s’effrite ; l’impression diffuse que quelque chose d’essentiel manque, comme si l’on avançait sans boussole intérieure.
C’est exactement dans ces moments que l’on cherche à retrouver du sens au travail et que la notion de vocation prend tout son sens — une ligne de force identitaire reliant nos talents, nos valeurs et notre contribution au monde.

1. Qu’est-ce que la vocation — et ce qu’elle n’est pas

1.1. Qu’est-ce que la vocation

La vocation est souvent décrite comme un appel. C’est juste, mais incomplet.
Une vocation professionnelle se reconnaît lorsqu’un individu peut dire :

Ce que je fais sert ce qui compte pour moi.

Elle implique trois composantes fondamentales :

Dimension

Question clé

Identité

Qui suis-je quand je travaille ?

Sens

Au nom de quoi j’agis ? Quel impact je veux créer ?

Expression professionnelle

Par quel rôle, métier, contribution cela se matérialise ?

La vocation n’est pas :

  • un métier « idéal » à trouver comme un Graal ;
  • un destin immuable gravé une fois pour toutes ;
  • un appel mystique réservé à quelques privilégiés ;
  • un indicateur de valeur ou de réussite sociale.

Elle est plutôt un axe directionnel, un mouvement intérieur où l’action devient alignée avec ce qui a du sens.

1.2. Perspectives existentielles et philosophiques 

1.2.1. Pour Viktor Frankl : la vocation est une réponse au sens

Frankl, survivant des camps et fondateur de la logothérapie, explique que la vie n’est pas guidée par le plaisir ni le pouvoir, mais par la quête de sens.

La vraie question n’est pas “que puis-je faire ?” mais
“Qu’est-ce que la vie attend de moi, ici et maintenant ?”

Pour Frankl, la vocation professionnelle est donc une réponse personnelle à un appel du monde et un lieu où s’incarne le sens de l’existence.

1.2.2. Pour Carl Jung : la vocation est un processus d’individuation

Pour Jung, la vocation est le mode singulier par lequel une personne devient elle-même.
Le désalignement professionnel est souvent un refus du processus d’individuation. La « crise de milieu de vie » typique est souvent une crise vocationnelle : ce qui a permis de réussir socialement devient insuffisant intérieurement.

La vocation est une nécessité psychique, pas un luxe.

1.2.3. Pour Søren Kierkegaard : la vocation est un choix existentiel

Kierkegaard insiste sur l’authenticité du choix : la vocation est un acte de liberté devant soi-même. L’inauthenticité professionnelle génère un “désespoir doux”, une vie menée sans engagement profond envers sa propre existence.

L’angoisse naît quand l’homme ne choisit pas qui il est.

Cette perspective souligne donc que la crise de sens n’est pas un problème, mais un signal de maturité existentielle.

1.2.4. Les grands invariants

Tous les auteurs, malgré leurs différences, s’accordent sur 6 points fondamentaux :

  1. La vocation est liée à un appel du réel ou du monde
  2. Elle implique une responsabilité
  3. Elle se transforme avec l’âge et la conscience
  4. Le travail est un lieu d’incarnation du sens, pas seulement de production

2. La vocation est un processus vivant

2.1. La vocation peut évoluer

Nous ne sommes pas identiques à 25, 40 ou 55 ans — pourquoi notre vocation le serait-elle ?
Elle peut se transformer sous l’effet de certains facteurs et notamment :

Facteurs

Impact sur la vocation

Expériences de vie

Priorités réordonnées, aspirations clarifiées

Maturité identitaire

Capacité à nommer ce qui compte vraiment

Transformations du travail

Nouvelles manières de contribuer

Crises ou ruptures

Réévaluation profonde du sens attribué au travail

Développement des compétences

Appel vers un champ plus large ou plus pointu

La vocation n’est pas un absolu figé mais un mouvement vivant, qui peut se redéfinir, s’élargir, se sophistiquer.

2.2. Risques et symptômes d’un désalignement

Quand l’action professionnelle n’est plus reliée au sens, plusieurs symptômes apparaissent :

  • Perte d’énergie, lassitude, impression de « faire sans être »
  • Réussite extérieure mais vide intérieur
  • Conflit entre valeurs personnelles et réalités de l’organisation
  • Difficulté à se reconnaître dans son rôle
  • Désinvestissement ou surinvestissement pour combler un manque

Rater sa vocation n’est pas échouer : c’est oublier le pourquoi derrière le quoi. Et ce décalage peut se résorber lorsqu’on le regarde en face.

3. Les apports du coaching comme espace de réalignement identitaire

Le coaching vocationnel est un espace rigoureux de clarification et d’action, pas un générateur de réponses toutes faites. Il travaille sur trois niveaux :

  1. Identifier ce qui fait sens (valeurs, mission, mobile d’action)
  2. Éclairer le terrain intérieur (forces, talents, moteurs, zones d’excellence)
  3. Articuler ce sens dans une expression professionnelle concrète (rôle, posture, projet)

3.1. La promesse réaliste du coach

À l’issue de l’accompagnement, les résultats seront les suivants :

Résultat

Effet concret

Clarté sur ses moteurs identitaires

Capacité à dire pourquoi je fais ce que je fais

Boussole vocationnelle

Axe décisionnel pour arbitrer, oser, renoncer

Projet professionnel aligné

Passer de l’intention à l’action

Relecture de sa carrière sous l’angle du sens

Grandir plutôt que rompre avec son parcours

Le coach ne promet pas un métier miracle, mais un choix professionnel redevenu un choix de sens.

3.2. Le processus d’accompagnement type

1. Clarification de la demande

    • Identifier la situation actuelle, les sources de malaise ou de questionnement.
    • Définir l’objectif du coaching (réalignement, clarification de sens, choix de trajectoire, etc.).

2. Exploration des ressources et talents

    • Analyse des forces, motivations profondes, valeurs personnelles.
    • Identification des incohérences entre identité et pratique professionnelle.

3. Définition de l’axe vocationnel ou de sens

    • Traduire les insights en intentions claires, adaptées au contexte réel.
    • Définir les décisions, actions ou ajustements possibles pour un réalignement progressif.

4. Plan d’action et mise en mouvement

    • Élaboration d’un plan concret, par étapes, avec indicateurs d’alignement et points de suivi.
    • Accompagnement dans l’expérimentation et le feedback.

5. Suivi et réévaluation

    • Ajustement progressif selon l’évolution des priorités et des découvertes identitaires.
    • Vérification de la cohérence entre choix, actions et sens profond.

Conclusion

La vocation n’est pas un rêve abstrait. C’est un point de gravité intérieure.
Quand elle opère, elle donne au travail autre chose qu’un revenu : une direction, une dignité, une trace.

La question à poser n’est pas :

Suis-je à la bonne place ?

Mais :

Mon travail sert-il ce qui compte pour moi ?
Au nom de quoi — ou de qui — j’agis ?

Redécouvrir ce point d’ancrage, c’est transformer votre travail en véritable contribution, et votre carrière en histoire cohérente et alignée avec vos valeurs profondes.

Crédits photos : carl tronders – valentin antonucci – https://unsplash.com/ – simonmigaj – https://www.pexels.com/

 

Catherine

« On écrit pour goûter la vie deux fois, dans l’instant et rétrospectivement »

Anaïs Nin

Pour faire face aux défis émergents et mutations en cours sans précédents, il est essentiel de se réapproprier la question du sens, seul ou en équipe.

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